Le ruissellement concentré sur WALONMAP

Axe de concentration du ruissellementQuelles informations prendre en compte dans les permis d’urbanisme ?

Sur le Géoportail de Wallonie (http://geoportail.wallonie.be/walonmap/), on trouve actuellement deux cartes des axes de ruissellement concentré : ERRUISSOL et LIDAXES. Les deux informations sont pertinentes pour décider s’il y a lieu de demander l’avis de la Cellule GISER (SPW-DGO3-Département ruralité et cours d’eau).
Pour rappel, les axes de concentration du ruissellement de LIDAXES et d’ERRUISSOL sont représentés en 3 classes selon la taille du bassin versant situé à l’amont de l’axe (le bassin versant est la surface qui récolte les eaux de pluie qui ruissellent vers l’axe).

Pourquoi deux couches d’informations différentes ?

Les données ERRUISSOL ont été établies sur base d’un traitement numérique du relief de la Wallonie avec une résolution horizontale de 10×10 m, tandis que LIDAXES est généré sur base de données de données d’altitude plus récente avec une résolution de 1×1 m. C’est la raison pour laquelle les axes sont encore affichés au 1:1000e contrairement à ERRUISSOL qui se limite au 1:5000e.
Cette actualisation et cette précision rendent la donnée LIDAXES en général plus représentative de la situation sur site mais ERRUISSOL reste valable dans certains cas. En effet, la précision de LIDAXES identifie la moindre petite irrégularité du terrain comme chemin possible du ruissellement. Ces chemins peuvent effectivement contenir le ruissellement lors des évènements pluvieux normaux (peu intenses). Mais pour les évènements pluvieux plus intenses (causant les dégâts catastrophiques tristement connus envers les habitations), la situation topographique générale à plus large échelle telle que présentée par ERRUISSOL représente généralement mieux l’écoulement réel. C’est la raison pour laquelle les deux données restent disponibles sur le portail WALONMAP.

Quelle évolution ?

Aujourd’hui, ces deux outils sont utilisés de manière conjointe dans les analyses GISER. Un nouveau projet est en cours afin de générer une seule carte regroupant les deux informations. Elle sera diffusée en 2019. En phase avec l’acquisition de nouvelles connaissances et l’évolution des technologies, le Service Public de Wallonie continuera à actualiser et à affiner les informations cartographiques mise à disposition du public et de l’administration via Walonmap.

Miscanthus et coulées de boue : la solution ?

Comment stopper une coulée de boue ?L’actualité met régulièrement en avant le miscanthus pour lutter efficacement contre les coulées d’eau boueuse. Quelle est la position de la Cellule GISER face à cette proposition de solution ?
GISER attire l’attention sur le fait que les capacités du miscanthus à retenir efficacement des sédiments érodés sur les versants sont encore trop peu documentées. Les études réalisées sous nos conditions de sol et de climat sont très éparses et souvent purement qualitatives.  Le potentiel anti-érosif du miscanthus doit donc faire l’objet de suivis et de quantifications avant d’être intégré comme recommandation dans un plan de lutte contre l’érosion. Un autre aspect, en admettant que cette technique s’avère efficace, est que le couvert ne serait apte à retenir des sédiments qu’après 2 à 3 ans de croissance. Cela impose donc d’installer un dispositif de protection complémentaire pendant les premières années, comme par exemple un barrage végétal filtrant (aussi appelé fascine).
En outre, cette culture pose d’autres questions en dehors du champ d’expertise de GISER. L’itinéraire cultural usuel fait appel à l’usage d’herbicides durant les 2 premières années de culture et pour la destruction éventuelle : l’impact sur la qualité de l’eau n’est encore que très partiellement évalué (voir à ce sujet Enloe & Loewenstein (2015)  intitulé « Eradication and control of bioenergy feedstock »).
En conclusion, nous appelons à rester prudent lors de l’utilisation de la culture du miscanthus comme moyen de lutte contre les coulées de boue tant que les effets de la technique, et ses impacts connexes, ne sont pas chiffrés objectivement. Rappelons également que toute solution agronomique durable au coulées de boue repose avant tout sur une gestion raisonnée de la distribution et de la taille des parcelles, le choix d’itinéraires culturaux avec une grande proportion de sols couverts, et la conservation du sol (maintien du taux de matière organique et réduction du travail du sol).

Offre d’emploi

Erosion coulées boues fascinesLe Parc Naturel des Plaines de l’Escaut recrute un(e) chargé(e) de mission pour mettre en place un programme de lutte contre l’érosion des terres agricoles. Le projet se développe sur les communes d’Antoing et Péruwelz. La mission durera un an. Consultez l’offre d’emploi.

Le talus, simple et efficace

Fossé talus érosion pomme de terreComment conduire les flux de boue pour protéger des habitations, des voiries ? A petite échelle, le recours à des petits talus est souvent une solution intéressante. Elle permet une gestion économique et sûre des flux de ruissèlement. La biodiversité peut aussi y trouver un nouveau milieu favorable. Suivez le lien pour plus d’info sur la construction d’un talus anti-érosion.

Mois de juin « très anormal » selon l’IRM

Ruissellement érosif et formation de coulée de boueLe mois de juin 2012 a établi un record de précipitations : 133 litres par m² au lieu de 72 pour un mois de juin « normal » ! Plus d’info à propos du bilan climatologique mensuel sur le site de l’Institut Royal Météorologique. Les coulées de boues de ce début d’été sont donc à replacer dans ce contexte météo très exceptionnel mais peuvent aussi être prises comme un signal d’alarme au vu des perspectives de changement du climat. 

La boue ne passera plus !

La Commune de Orp-Jauche, durement touchée par les coulées boueuses l’été passé, installe plusieurs centaines de mètres de barrages filtrants avec la collaboration des exploitants agricoles et le Service Public de Wallonie. Ces aménagements sont particulièrement efficaces contre des coulées localisées. A Orp, ils sont complétés par d’autres dispositifs mis en place par les agriculteurs : raisonnement de l’assolement, bandes de céréales ou d’herbe le long des champs,… L’ensemble devrait protéger effectivement les quartiers qui ont été inondés l’année passée. Giser intervient en soutien au projet, tant au niveau de la concertation avec les acteurs de terrain que sur les propositions techniques. Lire l’article de Vers l’Avenir.Premiers aménagements anti-érosion à Orp-Jauche

Scramble! Scramble!

Vol radiocommandé pour calcul du reliefCe lundi, ciel limpide, vent faible, de parfaites conditions de vol pour le Drone Gatewing. Ce petit avion sans pilote high-tech, digne de Buck Danny, a survolé le bassin-versant d’expérimentation que Giser étudie dans la région de Chastre. But de l’opération : avoir une connaissance extrêmement précise de la topographie (en 3D, de l’ordre du cm), une donnée indispensable pour modéliser les risques d’érosion.
Le froid vif et pénétrant, lui, n’était pas une parfaite condition au sol pour les doigts des ingénieurs-pilotes … Voir la vidéo du lancement de l’avion.