Miscanthus et coulées de boue : la solution ?

Comment stopper une coulée de boue ?L’actualité met régulièrement en avant le miscanthus pour lutter efficacement contre les coulées d’eau boueuse. Quelle est la position de la Cellule GISER face à cette proposition de solution ?
GISER attire l’attention sur le fait que les capacités du miscanthus à retenir efficacement des sédiments érodés sur les versants sont encore trop peu documentées. Les études réalisées sous nos conditions de sol et de climat sont très éparses et souvent purement qualitatives.  Le potentiel anti-érosif du miscanthus doit donc faire l’objet de suivis et de quantifications avant d’être intégré comme recommandation dans un plan de lutte contre l’érosion. Un autre aspect, en admettant que cette technique s’avère efficace, est que le couvert ne serait apte à retenir des sédiments qu’après 2 à 3 ans de croissance. Cela impose donc d’installer un dispositif de protection complémentaire pendant les premières années, comme par exemple un barrage végétal filtrant (aussi appelé fascine).
En outre, cette culture pose d’autres questions en dehors du champ d’expertise de GISER. L’itinéraire cultural usuel fait appel à l’usage d’herbicides durant les 2 premières années de culture et pour la destruction éventuelle : l’impact sur la qualité de l’eau n’est encore que très partiellement évalué (voir à ce sujet Enloe & Loewenstein (2015)  intitulé « Eradication and control of bioenergy feedstock »).
En conclusion, nous appelons à rester prudent lors de l’utilisation de la culture du miscanthus comme moyen de lutte contre les coulées de boue tant que les effets de la technique, et ses impacts connexes, ne sont pas chiffrés objectivement. Rappelons également que toute solution agronomique durable au coulées de boue repose avant tout sur une gestion raisonnée de la distribution et de la taille des parcelles, le choix d’itinéraires culturaux avec une grande proportion de sols couverts, et la conservation du sol (maintien du taux de matière organique et réduction du travail du sol).

Offre d’emploi

Erosion coulées boues fascinesLe Parc Naturel des Plaines de l’Escaut recrute un(e) chargé(e) de mission pour mettre en place un programme de lutte contre l’érosion des terres agricoles. Le projet se développe sur les communes d’Antoing et Péruwelz. La mission durera un an. Consultez l’offre d’emploi.

Le talus, simple et efficace

Fossé talus érosion pomme de terreComment conduire les flux de boue pour protéger des habitations, des voiries ? A petite échelle, le recours à des petits talus est souvent une solution intéressante. Elle permet une gestion économique et sûre des flux de ruissèlement. La biodiversité peut aussi y trouver un nouveau milieu favorable. Suivez le lien pour plus d’info sur la construction d’un talus anti-érosion.

Mois de juin « très anormal » selon l’IRM

Ruissellement érosif et formation de coulée de boueLe mois de juin 2012 a établi un record de précipitations : 133 litres par m² au lieu de 72 pour un mois de juin « normal » ! Plus d’info à propos du bilan climatologique mensuel sur le site de l’Institut Royal Météorologique. Les coulées de boues de ce début d’été sont donc à replacer dans ce contexte météo très exceptionnel mais peuvent aussi être prises comme un signal d’alarme au vu des perspectives de changement du climat. 

La boue ne passera plus !

La Commune de Orp-Jauche, durement touchée par les coulées boueuses l’été passé, installe plusieurs centaines de mètres de barrages filtrants avec la collaboration des exploitants agricoles et le Service Public de Wallonie. Ces aménagements sont particulièrement efficaces contre des coulées localisées. A Orp, ils sont complétés par d’autres dispositifs mis en place par les agriculteurs : raisonnement de l’assolement, bandes de céréales ou d’herbe le long des champs,… L’ensemble devrait protéger effectivement les quartiers qui ont été inondés l’année passée. Giser intervient en soutien au projet, tant au niveau de la concertation avec les acteurs de terrain que sur les propositions techniques. Lire l’article de Vers l’Avenir.Premiers aménagements anti-érosion à Orp-Jauche

Scramble! Scramble!

Vol radiocommandé pour calcul du reliefCe lundi, ciel limpide, vent faible, de parfaites conditions de vol pour le Drone Gatewing. Ce petit avion sans pilote high-tech, digne de Buck Danny, a survolé le bassin-versant d’expérimentation que Giser étudie dans la région de Chastre. But de l’opération : avoir une connaissance extrêmement précise de la topographie (en 3D, de l’ordre du cm), une donnée indispensable pour modéliser les risques d’érosion.
Le froid vif et pénétrant, lui, n’était pas une parfaite condition au sol pour les doigts des ingénieurs-pilotes … Voir la vidéo du lancement de l’avion.

La sécurité en maïs

Technique de lutte contre le ruissellement érosif à JalhayParfait exemple de maîtrise du risque d’érosion dans la région de Jalhay : le maïs est cultivé de manière classique, mais

  1. la récolte est immédiatement suivie d’un semis de triticale
  2. avec travail du sol simplifié
  3. la parcelle est bordée d’une bande enherbée fauchée chaque année
  4. un cordon de buissons est maintenu le long du ruisseau en aval de la terre.

A l’appui de ce dispositif, 3 méthodes agro-environnementales (1a, 3a, 8). Résultat : aucune érosion constatée depuis 3 ans !